Ce comité est présidé par Mme Simone Veil, il comprend Bernard Accoyer, président de l'assemblée nationale, Francine Bardy et Pascal Chauvin de la Cour de cassation, Philippe Bélaval, Richard Descoings, conseillers d'Etat, Denys de Béchillon, Samia Assabaa, Axel Kahn, Pierre Manent, Jean François Sirinelli Professeurs et directeurs d'enseignement, Patrice Gélard, sénateur, Claude Bébéar, chef d'entreprise.
Il n'est pas évidemment question de mettre en cause la compétence de ces personnalités. Mais la composition de ce comité est choquante pour tous les citoyens épris de justice et d'égalité.
Le préambule de la constitution, comme le rappelle la président de la République dans la lettre de mission à Simone Veil, comprend plusieurs textes dont celui du préambule de la Constitution de 1946 directement issu du Conseil national de la Résistance.
Ce texte fondamental définissait déjà le droit au travail, au logement, à la santé, à l'éducation, à la formation, à la culture, à l'action syndicale, à l'épanouissement personnel et familial comme une obligation de l'Etat qui devait se consacrer à l'application de ces principes.
Ce texte interdisait toute discrimination fondée sur les origines, les opinions ou les croyances. Il faisait de l'enseignement public gratuit et laïque un devoir de l'Etat.
Ce texte avait aussi la volonté de donner au monde du travail les moyens de se défendre par le droit de grève, le droit syndical, les délégués du personnel, la lutte contre les monopoles industriels et financiers.
C'est un texte de grande valeur qui a eu la particularité d'être établi par tous les courants de la Résistance. La diversité des opinions assurant la richesse d'un texte qu'aucun gouvernement n'a encore était en mesure d'appliquer complétement.
Ce comité de réflexion a déjà le redoutable inconvénient d'être anormalement composé. Il est regrettable que sur des questions aussi fondamentales que le droit du travail, la parole soit donnée à Claude Bébéar sans aucun représentant du monde syndical, que tout le secteur de l'économie sociale soit absent, que l'hospitalisation publique n'ait pas de représentant incontesté.
Au moment où notre société affronte de multiples fractures en son sein, où la désindustrialisation galopante transforme de grandes régions en déserts économiques, où l'horizon est sombre pour des millions de citoyens, où les valeurs qui constituent le socle de la République vacillent, il y avait mieux à faire que créer un nouveau comité Théodule dont nous avons tout à craindre.
C'était le moment de donner du sens à l'action politique...
C'est mal parti mais pas sans danger
Pierre ALLARD
Maire de Saint-Junien
Vice Président du Conseil général
Président de l'ARMEP